Magazine Bonambela : le Sacre du King Akwa Louis Din Dika Akwa



Le samedi 10 octobre 2026, sur les berges du Wouri, le Canton Akwa a sacré Sa Majesté le Dr Louis Din Dika Akwa VIII, King Akwa et Roi des Bonambela. Pour garder la trace de cet événement historique, le comité d’organisation a publié Bonambela, un magazine de 20 pages. Vous pouvez le feuilleter et le télécharger ci-dessous.
Dans ce numéro, vous trouverez la biographie du nouveau souverain. Médecin spécialisé en santé publique et en épidémiologie, il a travaillé à Limbe, à Liège et à Edmonton avant de monter sur le trône. Le magazine retrace aussi l’histoire des Bonambela, depuis Ngiyè Mulobè jusqu’à la fondation de la dynastie Akwa en 1814. Il présente la géographie du canton et de ses 20 villages, l’hymne Mbela nyasame et le sens des rites et des symboles royaux, de la couronne Dikana à l’aigle Mbela. Enfin, il présente les chefs des villages, les instances du Sacre et la diaspora mobilisée en Europe et en Amérique du Nord.

Le Sacre du King Akwa du 10 octobre 2026
Le samedi 10 octobre 2026, sur les berges du Wouri, Sa Majesté le Dr Louis Din Dika Akwa VIII a été sacré King Akwa, Roi des Bonambela. Il succède à son père, Sa Majesté Charles David Din Dika Akwa III. Son nom rejoint désormais, sur la Grande Plaque mémorielle de la dynastie des King Akwa, ceux de ses prédécesseurs, dont Ernest Ntone Ebongue Akwa, Ernest Betote Dika Akwa et Dika Mpondo. Le Dr Roger Mbassa Ndine est maire de la Ville de Douala et président du Comité stratégique du Sacre. Pour lui, ce couronnement contribue « à redonner à Douala son âme, à notre jeunesse son repère et à nos traditions leurs lettres de noblesse ».

Une date hautement symbolique : le 10/10/10
Le choix du 10 octobre 2026 n’a rien d’anodin. Le magazine souligne sa portée symbolique : 10/10/10, puisque l’addition des chiffres de l’année 2026 donne 10. Cette date marque l’ouverture d’une nouvelle ère dans l’histoire de la royauté Akwa. Elle clôt un long parcours de succession, entre tradition et administration, commencé après le décès de Charles David Din Dika Akwa III en décembre 2020.
Mbanya, le lien rituel avec l’eau et les ancêtres
L’eau occupe une place particulière dans l’univers culturel et symbolique des peuples Sawa. Dans la tradition liée au sacre du Roi des Akwa, Mbanya, situé à Douala sur les rives de la rivière du même nom, est associé à la dimension spirituelle de la royauté. On y pratique des rites d’ablution, de purification et de communion avec les ancêtres. Le passage du Roi par ce lieu symbolise le lien entre le souverain, son peuple, les ancêtres et le territoire.
Qui est le Dr Louis Din Dika Akwa VIII ?
Louis Din Dika Akwa est né le 7 décembre 1980 à Douala. Il est le deuxième enfant de son père et porte le prénom de son grand-père, Dika Louis. Au gré des affectations de son père, il passe une partie de son enfance à Bafoussam, où il obtient en 1998 un baccalauréat D au Lycée bilingue de Bafoussam. À 45 ans, il prend la fonction royale aux côtés de son épouse, la Reine Consort Batoum Isabelle Dorothée, mère de leurs deux garçons.

Du médecin au roi
Il entre à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I (ancien CUSS) et obtient son doctorat en médecine en 2005. De 2005 à 2009, il exerce à l’Hôpital régional de Limbe. Il étudie ensuite pendant deux ans la santé publique et l’épidémiologie à l’Université de Liège, en Belgique. De retour au Cameroun en 2011, il devient médecin-chef du District de santé de Limbe, puis chef de la Brigade de santé du Littoral. En 2015, il s’installe à Edmonton, au Canada. Il y travaille notamment pour le gouvernement de l’Alberta et comme consultant auprès de l’OMS, de l’UNICEF et du Sabin Vaccine Institute. Comme le résume le magazine : « Hier, il soignait des patients. Aujourd’hui, il veille sur un peuple. »
Une succession en plusieurs étapes
Sa Majesté Charles David Din Dika Akwa III s’éteint le 8 décembre 2020. Le magazine relève une coïncidence de dates : le 6 décembre 1916 correspond au « grand voyage » de King Dika Mpondo, et le 7 décembre à la naissance de Louis Din Dika Akwa. Le trône des Bonambela devient vacant, et la succession est marquée par des contestations et des tensions. Le parcours vers le trône s’est ensuite fait en plusieurs étapes :
- 15 mars 2022 : désignation traditionnelle comme successeur, à la Salle des fêtes d’Akwa ;
- 23 janvier 2023 : homologation comme chef traditionnel de premier degré, par l’arrêté n°005/PM du Premier ministre ;
- 15 juillet 2023 : installation officielle par le préfet du Wouri, Benjamin Mboutou ;
- 10 octobre 2026 : Sacre comme Roi des Bonambela.
Réconciliation, Jeunesse, Tradition
Le nouveau Roi résume en trois mots son « ordonnance » pour son peuple. Réconciliation, pour panser les blessures laissées par les querelles de succession. Jeunesse, pour préparer les générations appelées à assurer la continuité du Royaume. Tradition, pour préserver la mémoire et transmettre l’héritage, « des rives du Wouri jusqu’à la mémoire de Dika Mpondo ».
Famille Royale BonambelaL’histoire des Bonambela et de la dynastie Akwa
Chez les Sawa, les obsèques d’un roi ouvrent traditionnellement une période consacrée à l’avènement de son successeur. Le Sacre est donc aussi l’occasion de revisiter l’histoire des Bonambela, une composante majeure du peuple Duala. Cette histoire repose à la fois sur la tradition orale et sur les sources historiques. Le passage par Pitti, sur la Dibamba, en est un repère majeur, avec une présence attestée vers la fin du XVIe siècle. Viennent ensuite l’installation sur les rives du Wouri et la rencontre avec les Bassa et les Bakoko. Grâce à la position du fleuve, les Duala devinrent des intermédiaires majeurs entre les navigateurs européens et les populations de l’arrière-pays.
Des origines à Ngand’a Kwa, fondateur de la dynastie (1814)
Selon la tradition orale, Ngiyè Mulobè reçut de son grand-père Ewalè Mbedi le nom totémique de Mbela, d’où vient l’appellation Bonambela. De ses deux épouses naquirent les trois sous-clans fondateurs : Bonamuti, Bonakwanè et Bonamapoka, dont sont ensuite issus les Bonaku. Une première dynastie règne jusqu’en 1803. En 1814, Ngand’a Kwa, aussi appelé Ngando nya Kwa, accède au pouvoir sous le titre de King Akwa. La tradition retient qu’il imposa alors à King Bell le principe d’un partage équitable des produits du Wouri. Cet épisode est lié à l’évolution des mécanismes de concertation qui ont mené à l’institutionnalisation du Ngondo.
Dika Mpondo et le traité germano-duala de 1884
Dikongè Ngando règne de 1846 à 1852, puis Mpondo Ngando de 1852 à 1878. Dika Mpondo leur succède et règne de 1878 à 1916. Connu aussi sous le nom de Tétè Dika Mpondo, il fut le signataire plénipotentiaire du traité germano-duala du 12 juillet 1884. Son destin est tragiquement lié à celui de son fils, Ludwig Mpondo Dika Akwa, mort au bagne de Ngaoundéré en 1914. Deux ans plus tard, Dika Mpondo meurt à son tour en déportation à Campo. Ses restes reposent depuis 1935 au Mausolée de King Akwa, à Douala.
Des régences à la chefferie supérieure (1916-2020)
Après la mort de Dika Mpondo, plusieurs régents se succèdent jusqu’en 1935 : Dibussi Dika Akwa, Din Dika Akwa, Betotè Dika Akwa, Ebongè Dika et Ngaka Dika. L’institution entre ensuite dans le cadre administratif de la chefferie supérieure du Canton Bonambela. Elle est dirigée successivement par Betotè Dika Akwa (1935-1976), Ntonè Ebonguè Dika Akwa (1976-1998) et Din Dika Akwa III (2000-2020). Ce dernier a beaucoup œuvré pour la mémoire dynastique, notamment lors des commémorations du centenaire de la mort de Dika Mpondo, en 2016-2017.
Le Canton Akwa et ses 20 villages
Le territoire de la chefferie d’Akwa a été créé par l’arrêté du 27 juin 1921, qui fixe les limites de la circonscription de Douala. Il couvre plus de 3 500 hectares, sans compter l’espace fluvial. Ce territoire n’est pas d’un seul tenant : il se compose de deux parties, Akwa et Akwa-Nord, séparées par le Canton Deido. Après la Première Guerre mondiale, l’administration coloniale française applique le plan d’aménagement allemand de 1912, qui faisait d’Akwa la zone commerciale de Douala. Des avenues sont percées et des magasins ouvrent. L’hôpital Laquintinie, la cathédrale Saint-Pierre-et-Paul de Bonadibong et le Temple du Centenaire de Bonamikengue sont construits. Akwa devient un lieu de convergence et, selon le magazine, « une terre d’accueil et de cohabitation par excellence ».
Carte du Canton AkwaAkwa Sud et Akwa Nord : 13 et 7 chefferies
Le Canton compte vingt chefferies traditionnelles de troisième degré, qui correspondent aux sous-lignages Bonambela. Akwa Sud, au cœur de l’espace urbain historique, en regroupe treize : Bonadibong, Bonamikengue, Bonébong, Bonambwanja, Bonélèkè, Bonalembe, Bonélang, Bonejang, Bonamouti, Bonabékombo, Bona Moukouri, Bona Ebelankon et Bessengue. Akwa Nord, aussi appelé Mbel’a Jedu, s’étire sur 16 km le long du Wouri. Il en compte sept : Bonéwonda, Bonamouang, Bonamoussadi, Bonangang, Banguè, Bonabéyikè et Bonangando.
Le Mausolée de King Akwa et le château Mukanda
Deux sites historiques témoignent encore de ce passé. Le Mausolée de King Akwa, au lieu-dit Douala Bar, a été inauguré le 7 avril 1935 pour accueillir les restes de Dika Mpondo. C’est le haut lieu des cérémonies solennelles du Canton, et il abrite aussi les tombes de Betotè Dika Akwa (1976) et de Ntonè Ebonguè Dika Akwa (1998). Le château Mukanda a été construit au tournant des années 1980-1990 par le Prince Dika Akwa. Situé à l’angle du boulevard de la République et de la rue Bouée de Lapeyrère, c’est aujourd’hui le site historique le plus visité d’Akwa.
Les symboles royaux du Royaume Bonambela
Au Canton Akwa, les symboles royaux ne sont pas de simples objets de cérémonie. Ils incarnent une histoire, matérialisent une autorité et expriment une identité héritée des générations précédentes. La couronne, appelée Dikana, incarne l’autorité, la dignité et la souveraineté de la dynastie. Le trône représente le siège de l’autorité et la place centrale du Roi dans la vie du Canton. L’aigle, Mbela, qui a donné leur nom aux Bonambela, évoque l’élévation, la vigilance, la maîtrise et la mémoire. Il est associé au lion, symbole de force et de courage.

Janjo, Po et Esoko : les trois attributs du Roi
Chez les Akwa, trois attributs rendent visibles les responsabilités du souverain. Le Janjo, aspergeoir ou chasse-mouche, est associé à la paix et à la cohésion du peuple. Le Po, coupe-coupe, renvoie à la défense : il rappelle que le Roi doit protéger son peuple et l’intégrité du Royaume. L’Esoko, la hotte, évoque la transcendance et le lien avec les ancêtres. Ensemble, ces attributs traduisent trois devoirs : préserver la paix, protéger les siens et rester en communion avec les valeurs ancestrales.
Tenues, tambours et couleur rouge
Chez les Sawa, le vêtement traditionnel marque l’appartenance. La tenue masculine comprend le sanja, la chemise blanche shurti, le wangisi et le mboto, une coiffe qui peut être ornée de cauris et de plumes selon le rang. Lors des grandes cérémonies, les femmes de la royauté portent le kaba Ngondo. Les tambours rythment les cérémonies et annoncent les grands événements. Le rouge est la couleur identitaire du peuple Bonambela. On le retrouve sur les foulards et les parures, ainsi que sur les pagnes traditionnels où sont brodées les armoiries du Canton.

Une communauté mobilisée autour du Sacre
Selon le maire de Douala, le Sacre est « le fruit d’un travail collectif mené par les Chefs, les Notables, les Élites et toute la communauté Bonambela, dans la concorde et la dignité ». Le magazine présente les chefs des vingt villages Bonambela, ainsi que les femmes et les hommes qui ont organisé l’événement, au Cameroun comme à l’étranger.
Les 20 Chefs traditionnels de BonambelaLes instances du Sacre
L’organisation reposait sur trois comités : le Comité stratégique, présidé par le Dr Roger Mbassa Ndine ; le Comité de supervision, présidé par le Pr Guillaume Ekambi Dibongue ; et le Comité d’organisation, présidé par M. Jacques Elimbi. Dix commissions techniques les épaulaient : santé ; hygiène, sûreté et environnement ; sports, culture et loisirs ; communication ; restauration et décoration ; marketing ; protocole ; logistique et transport ; accueil et hébergement ; finances.
Dr Roger Mbassa Ndine - Président du Comité Stratégique
Pr Guillaume EKAMBI DIBONGUE - Président du Comité de Supervision
M. Jacques ELIMBI - Président du Comité d'OrganisationLa diaspora Bonambela en Occident
Dans la diaspora Sawa en Occident, les Bonambela ont été les premiers à s’organiser en associations au service de leur Royaume. En France, la Communauté fraternelle de Bonambela en France (C.F.B.F.) a ouvert la voie, avant de devenir Bonambela o Frensi en 2004. Les Bonambela d’Amérique du Nord ont suivi avec Mboa Bonambela o Amerca. En 2024, sous l’autorité du Roi, est créé le Conseil stratégique des Bonambela en Occident (CUBE). Au printemps 2026, ils lancent ensuite la fédération « Jalatane la makotome la Bonambela o Bakala », qui réunit le CUBE et les responsables des associations.
Diaspora Bonambela en OccidentFeuilleter et télécharger le magazine Bonambela
Biographie du Roi, histoire des Bonambela, géographie du Canton Akwa, hymne Mbela nyasame, symboles royaux, chefs des 20 villages : retrouvez l’intégralité du magazine officiel du Sacre, en 20 pages. Feuilletez-le en ligne, ou téléchargez-le en PDF pour le garder et le partager. Comme l’écrit le maire de Douala : « Que ce document soit le passeport de notre fierté vers les générations futures. »
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Cultures africaines
Réf: BG7B390

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