Festival Ô BON'EJANG ou la mémoire en partage



À l'heure où les racines culturelles sont parfois reléguées au second plan, le village de Bonejang, au cœur du canton Akwa, a choisi de répondre par la célébration. La première édition du Festival Ô BON'EJANG « Visage Ancestral » s'est tenue du 17 au 21 décembre 2025, bien plus qu'un simple rendez-vous festif. Elle s'est affirmée comme un acte de mémoire collective et un puissant témoignage de vitalité communautaire. Sous l'impulsion de Sa Majesté Brice Bebey Elame et portée par l'énergie de sa jeunesse, ce festival a transformé le village en un espace de convergence où la tradition dialogue avec la modernité, et où le partage d'un héritage commun dessine les contours d'un avenir partagé.

L'émergence d'un symbole communautaire
Il est des événements qui dépassent le simple cadre festif pour devenir des actes de mémoire. Le Festival Ô Bon'ejang Visage Ancestral est de ceux-là. Dans un monde pressé, souvent tenté par l'oubli de ses racines, Ô Bon'ejang rappelle une vérité essentielle : un peuple qui se rassemble autour de son histoire se donne les moyens de construire son avenir. Derrière les concerts, la foire gastronomique, les actions sociales et la ferveur populaire, c'est une vision qui s'est exprimée : celle d'une communauté qui refuse l'effacement et choisit la transmission.
Coupure du ruban par SAR Dr Din Dika LouisUne mobilisation collective et structurée
La réussite de cette première édition est le fruit d'une organisation minutieuse et d'un engagement collectif remarquable. Les préparatifs, menés dans une effervescence joyeuse, ont vu les autorités traditionnelles, le comité d'organisation et les populations locales œuvrer main dans la main. Comme le décrivait un responsable sur le terrain, « les jeunes sont en train d’installer, l’énergie est entrain d’être installée... Tout sera prêt aujourd’hui pour que la fête soit belle demain ». Cette mobilisation a été soutenue par des partenaires institutionnels, notamment la Communauté Urbaine de Douala, démontrant l'importance accordée à l'événement. Chaque détail, de l'aménagement du site à l'accueil des visiteurs, a été pensé pour garantir un cadre à la fois sécurisé, accueillant et fidèle à l'esprit du festival.
Un ancrage entre mémoire et développement
Le festival s'est imposé comme un espace de convergence : entre générations, entre culture et économie, entre mémoire et modernité. Sa Majesté Bébé Elamè résume cette ambition : « Ce festival est un moment où notre peuple se retrouve pour célébrer ce qu’il est et ce qu’il transmettra aux générations futures ». Au-delà de la célébration, l'événement visait clairement des objectifs de développement communautaire. Il a constitué une opportunité de valoriser le savoir-faire local, de générer des retombées économiques et de positionner Bonejang comme un pôle d'expression culturelle durable. La sécurité, préoccupation essentielle, avait été anticipée avec un dispositif associant une agence privée, la police et la gendarmerie pour assurer la sérénité totale des festivités.
Trône Royal Bon'Ejang𝐃𝐢𝐬𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝'𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐒𝐚 𝐌𝐚𝐣𝐞𝐬𝐭é 𝐁𝐄𝐁𝐄𝐘 𝐄𝐋𝐀𝐌𝐄 𝐃𝐚𝐯𝐢𝐝 𝐁𝐫𝐢𝐜𝐞
Discours d'ouverture de SM BEBEY ELAME Brice, chef Bon'Ejang, Bonambela (Akwa)
Festival Ô Bon'Ejang, Première éditionInterview de Charles Eyabe Mandengue, Président du Comité d'Organisation
La réussite du Festival Ô BON'EJANG repose sur l'engagement d'une équipe dévouée, menée par son Président du Comité d'Organisation. Charles Eyabe Mandengue nous livre son témoignage sur la genèse, le déroulement et la vision de cet événement fondateur.
Charles Eyabe MandengueLa genèse d'un projet communautaire
« Sa Majesté le Chef David Brice Bebey Elame, dans le souci de faire vivre le village, a demandé à sa jeunesse ce que nous pouvions faire pour innover », explique Charles Eyabe. Suite au succès d'une marche sportive en décembre 2024, l'idée d'un festival plus ambitieux pour 2025 a émergé. Le but fondamental était double : rassembler tous les natifs et habitants pour un moment de détente et de « vivre ensemble », tout en parvenant à « rallier tradition et essence du village », dans un Bonejang déjà tourné vers la modernité.
Un festival aux multiples facettes
L'événement a été conçu comme une plateforme complète d'activités. « Le festival a eu plusieurs articulations », détaille le PCO. Au programme : une foire culturelle et gastronomique, des actions sociales comme la remise de dons dans un orphelinat et de récompenses aux élèves méritants, un mini-tournoi sportif avec les entreprises locales, et chaque soir, des concerts sur un « podium phénoménal ». Des artistes de renom tels que Petit Pays, Ben Decca, Etienne Mbappé et Locko ont répondu présents, portant l'événement à une dimension remarquable. La traditionnelle marche sportive a clôturé en beauté ces cinq jours de festivité.
Un bilan positif et des perspectives ambitieuses
Le bilan est sans appel : « le festival ô Bonejang visage ancestral a été un succès car les retours sont hyper positifs ». Charles Eyabe attribue ce succès au « noyau solide » que forme le village, uni par des valeurs d'union et de solidarité. Il tient à remercier chaleureusement tous les acteurs de cette réussite : Sa Majesté le Chef pour sa confiance, le parrain le Maire Roger Mbassa Ndine, la matriarche Ma'a Medi, le comité stratégique des notables, le comité d'organisation, les entreprises du village, l'expert Tony Nobody, la diaspora et tous les artistes. Avec une telle dynamique, sa vision pour l'avenir est claire : « Pour les prochaines éditions, nous hisserons encore le village Bonejang au sommet ».
Les légendes de la musique camerounaise: Toto Guillaume et Petit PaysGalerie d'images - Une mosaïque d'émotions
Cette section présente un medley de photographies capturant l'essence vivante du festival.
Conclusion - Un socle pour l'avenir
Le Festival Ô BON'EJANG « Visage Ancestral » a tenu toutes ses promesses. Il a été bien plus qu'une simple succession d'animations ; il a matérialisé une vision où la culture n'est pas un supplément d'âme, mais un socle. Comme l'ont montré les images de liesse et de partage, Bonejang a célébré avec fierté son héritage tout en affirmant sa dynamique contemporaine. La parfaite synergie entre la chefferie traditionnelle, l'énergie innovante de la jeunesse menée par Charles Eyabe Mandengue, et le soutien de l'ensemble de la communauté, a créé un modèle réussi de gouvernance culturelle participative. Ce festival est un signal fort : celui d'une communauté debout, consciente de son histoire, et décidée à en faire une force pour son développement. En faisant de la mémoire un bien en partage, Ô BON'EJANG a tracé un chemin lumineux pour les éditions à venir, assurant que là où la mémoire est célébrée, l'avenir trouve toujours un chemin.
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Catégorie
Cultures africaines
Réf: BG8DC48










Avis (1)
Oscar E.
Merci à l' équipe de Mwendi la Nouvelle pour ce travail excellent! Vas de l'avant Hervé!!
juin 2026Laisser un commentaire
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